Actualité littéraire de Liss Kihindou

26 novembre 2017

9e Salon du Livre et des Arts de L'Haÿ-les-Roses

 

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La neuvième édition du Salon du Livre et des Arts de L'Haÿ-les-Roses s'est tenue les 18 et 19 novembre 2017 au Moulin de la Bièvre. Elle avait pour thème "Désirs de Bretagne", avec Irène Frain comme Présidente, que j'avais rencontrée une première fois au Festival du livre de Mouans Sartoux. Très simple et sympathique. Ses paroles font tout de suite résonnance. Son livre La fille à histoires remue les secrets de famille. 

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 (Irène Frain et Liss)

Après un samedi plutôt calme, laissant largement aux participants l'occasion de faire connaissance les uns avec les autres, la journée du dimanche a été vivante et riche en rencontres et en animations. Découvrir d'autres artistes, avoir l'impression que l'on a eu, le temps d'un week-end, bien plus que deux yeux pour observer le monde, car les autres nous ont prêté leurs yeux ! 

 

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(Liss et Marie-France Lavalade)

 

Avoir la chance de recueillir déjà les impressions de lecture d'une lectrice qui, aussitôt après avoir acheté votre livre, commence à le lire... ça c'est exceptionnel ! Et c'est ce que j'ai vécu avec Marie-France Lavalade, qui est essayiste. Elle a publié un livre sur George Sand, s'intéressant notamment à sa relation avec le graveur Alexandre Manceau. Le livre, intitulé George et Alexandre, sous-titré Portrait de George Sand, permet de découvrir autrement une écrivaine que l'on croit connaître. Merci à elle pour ces instants partagés.

 

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C'est aussi une chance de pouvoir rencontrer des collègues enseignants. Le livre jeunesse Mwanana la petite-fille qui parlait aux animaux retient visiblement l'attention de ceux qui travaillent avec les jeunes, mais pas seulement ; il retient l'intérêt de ceux qui ont des enfants et petits-enfants, auxquels ils veulent faire plaisir en leur offrant ce livre. Cela m'encourage à poursuivre cette aventure de l'écriture pour les plus jeunes !  

 

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Ce salon a été pour moi l'occasion de rencontrer pour la première fois Guy-Alexandre Sounda, alors que l'on se connaît et se "fréquente", via Internet, depuis plusieurs années. Ses Confessions d'une sardine sans tête n'ont pas fini de séduire, et pour preuve, elles ont motivé la venue au salon de Rose-Marie Courant, qui elle-même est artiste, une artiste qui se soucie particulièrement de l'image que l'on donne de l'Afrique. Elle sait combien les grands médias participent parfois à biaiser la perception que l'on peut avoir du continent. Elle, elle préfère lire ce que les auteurs d'Afrique disent de l'Afrique. Elle est venue au salon dans cette intention. Direction la table où Liss Kihindou et Guy-Alexandre étaient assis côte à côté, et la voilà qui fait main basse sur leurs livres !

 

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Rose-Marie Courant, vous avez été un rayon lumineux pour nous, à ce salon.

 

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(Laurent Desvoux d'Yrek avec son Chapoème du verbe Poaimer)

J'ai fait une belle découverte, celle de l'association "Le Verbe Poaimer", animée par Laurent Desvoux D'Yrek. On perçoit tout de suite le jeu de mots avec "le rendez-vous". Laurent n'aime pas seulement les mots ; les mots sont surtout pour lui le meilleur prétexte pour tisser des liens avec les hommes, quelle que soit leur origine. J'ai été séduite par la créativité et l'action de cette association, qui organise entre autres des concours de poésie. Les prix ont d'ailleurs été décernés au salon. Le Verbe poaimer a aussi proposé une animation qui a eu beaucoup de succès auprès des auteurs en dédicace : "Photo-tableau : mon vers, ma phrase" ! Une belle animation, avec la collaboration de la photographe Maya Angelsen. 

Photo-Tableau par Maya Angelsen

 (Crédit photo : Maya Angelsen)

 

J'ai fait la connaissance d'une autre artiste-photograpge : Karin Lansen, dont la sensibilité et la générosité transparaissent sur son visage, dans ses paroles, dans ses actes. Merci à elle pour tout ce qu'elle fait, pour son soutien à Anne D'Hervé.

Eh oui ! toutes ces rencontres, nous les devons à la Présidente de la Roseraie des cultures, notre chère Anne, qui fait tant pour les arts, qui crée le lien entre les continents, entre les populations, entre les artistes... Merci Anne !

 

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(Liss et Karin Lansen)

Enfin, quelle chance d'avoir eu le temps d'échanger avec Daniel Maximin. J'ai pu recueillir des témoignages précieux. "Sony, c'était mon frère d'Afrique, on a même écrit des oeuvres croisées". Une relecture de "Soufrières", de Daniel Maximin, et des "Yeux du Volcan" de Sony Labou Tansi s'impose ! Mais rien qu'en lisant L'île et une nuit, dont j'ai fait une critique sur le blog Liss dans la vallée des livres, le lecteur attentif prend la mesure de la complicité qui liait les deux auteurs. Voici ce que l'on peut lire à la page 162 de l'édition du Seuil, collection Points :

"Les yeux du volcan n'auront pas su te prolonger d'une vie et demie..."

 

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(Daniel Maximin et Liss)

Mais nous avons aussi et surtout parlé de Césaire. Qui mieux que Daniel Maximin peut vous parler de l'auteur du Cahier d'un retour au pays natal ? Le pays natal, les origines, l'identité... sont des thèmes essentiels chez Césaire, mais tout ne se trouve pas dans ses livres, il est aussi précieux de recueillir les témoignages de ceux qui l'ont fréquenté, ceux qui étaient ses intimes, comme Daniel qui lui a consacré un livre, Aimé Césaire, frère volcan

 

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(Anne d'Hervé, Liss et Abdourahman Waberi)

J'ai aussi eu l'opportunité de discuter avec Abdourahman Waberi, avec qui nous avons plusieurs points communs, notamment celui d'avoir la même université d'attache : Nanterre. Je le remercie pour ses conseils, qui sont à l'image de sa dédicace : "Ce monde est à nous tous". Bon, faut investir ce monde, aller au bout des choses, ne pas se laisser perturber... "Faut pas être timide, Liss !"

 

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  (Daniel Maximin, Anne d'Hervé, Karin Lansen, Liss Kihindou et Abdourahman Waberi)

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10 octobre 2017

Trentième Festival du livre de Mouans-Sartoux

Le Festival du Livre de Mouans-Sartoux, qui s'est tenu du 6 au 8 octobre 2017, a fêté cette année sa trentième année d'existence. Depuis sa première édition, il n'a cessé de croître, de rayonner, de devenir ce carrefour où se mêle le plaisir de la lecture à celui de la rencontre, où le coeur et l'esprit se fortifient mutuellement, où la réflexion philosophique accompagne l'émerveillement face à la beauté des arts qui se déploient dans tous leurs états. Marie-Louise Gourdon, la commissaire du Festival, l'a si bien dit dans son discours à l'inauguration du Festival : "Nous voulons que ce Festival soit un bouillonnement de culture".

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Pari réussi ! A Mouans-Sartoux, le livre est une occasion de faire danser tous les arts, on y rencontre toutes sortes d'artistes. Ce Festival est surtout une fête de l'amitié, de la fraternité, de la convivialité ; on y est comme en famille, en toute simplicité, et c'est peut-être là le secret de ce Festival : il est si vivant et vivifiant, parce qu'en son coeur bat l'humanité dans sa diversité. Et Marie-Louise Gourdon, qui est à l'origine de ce Festival et lui insuffle toutes ses énergies positives, représente ce coeur ouvert à toutes et à tous. C'est l'occasion de lui rendre hommage encore une fois, et de saluer l'action de toute l'équipe, de tous les bénévoles soudés autour d'elle pour que tout se passe pour le mieux. C'est aussi le cas des forces de l'ordre qui veillent à ce que la fête soit vécue en toute quiétude des esprits, en cette période de vigilance attentats.

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 Momar, c'est le baobab qui a poussé à Mouans-Sartoux.

 

Retrouver des amis, s'en faire d'autres, écouter des éminences, échanger avec les lecteurs, avec d'autres auteurs... Le Festival, c'est tout cela. Voici quelques photos et témoignages de participants.

 

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"Depuis trente ans, ce sont des milliers d'enfants qui sont venus au Festival, des enfants auxquels nous avons transmis le virus de la lecture, et nous espérons que jamais un vaccin ne sera trouvé contre virus", dixit Marie-Louise Gourdon.

Au Festival, des mamans, des papas, des grands-parents participent à la transmission de ce virus à leurs enfants et petits-enfants. Une belle maladie !

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Il y a deux ans j'avais été frappée par cette jeune dame qui, en tant que métisse, avait eu la curiosité de découvrir mon essai L'expression du Métissage dans la littérature africaine. Cette année, j'ai eu le plaisir de faire connaissance avec sa maman et aussi son fils. Voilà comment des lecteurs deviennent des amis. Cette dame, c'est Amal, dont la maman est originaire de Côte d'Ivoire.

 

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La sympathie, la simplicité, la joie de cette dame bénévole du Festival sont très communicatives. Je n'ai pas résité à l'envie de prendre une photo avec elle, après qu'elle eut fait l'acquisition du livre Mwanana, qu'elle offrira sans doute à ses enfants ou à ses proches. Je n'ai appris que par la suite, grâce à l'ami Momar, qu'elle était l'épouse du Maire de la commune ! On dirait qu'elle porte sur son visage la beauté de son coeur. 

 

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Avec Anne-Marie Giorgi, Basile et Fiorella.

 

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Avec Lina, Gus, et Yasmina.

L'amitié, il n'y a rien de plus précieux.

 

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Au déjeuner des auteurs, l'écrivain Patrick Chamoiseau, Prix Goncourt 1992, que je rencontrai pour la première fois, a eu la bienveillance de m'inviter à sa table, à laquelle s'est aussi joint l'éminent Edgar Morin.

Patrick Chamoiseau et Edgar Morin étaient les deux co-présidents de cette édition.

 

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Avec l'auteur pour la jeunesse d'origine allemande Julian Press.

 

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Avec le président de l'association pour l'environnement Force 5.

 

Quelques témoignages

"Les écrivains peuvent être médiocres dans leur personne mais géniaux dans leur inspiration",

dixit Edgar Morin.

 

"J'ai quitté mes parents ainsi que le lycée, en classe de première, au 2e trimestre... pour toujours ! Je n'ai donc pas passé le Bac, mais je me suis rattrapé en allant dans les librairies et les bibliothèques. Je dois beaucoup aux livres et à quelques auteurs que j'ai rencontrés, comme Jacques Prévert. Je remercie tous ceux qui font que le livre se développe",

dixit Guy Bedos. 

 

"Vandana Shiva, c'est l'action permamnente pour l'évolution du monde dans le bon sens",

dixit Marie-Louise Gourdon, rendant hommage à la présidente d'honneur de cette édition.

 

"Ce Festival m'a nourri, m'a fait grandir, je serai toujours à vos côtés",  

dixit Mme la Ministre de la culture, Françoise Nyssen. 

 

Marie-Louise Gourdon a pris le soin de préciser que la présence de la Ministre de la culture au Festival ne devait pas être considérée comme de l'opportuniste, étant donné que la maison d'édition Actes Sud avait été choisie, depuis janvier 2017, pour être à l'honneur à cette trentième édition du Festival. La nomination de l'éditrice au ministère de la culture est intervenue bien plus tard. Mais les attaches culturelles demeurent. 

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19 mars 2017

''Le Fleuve sur la Loire, une histoire de Fleuvitude", par Aimé Eyengué

Du seize au dix-huit mars de l’an deux mil dix-sept, lors d’un colloque international sur les villes-fleuves, le plus long fleuve de France et de Navarre nous a ouvert son cœur, à Orléans l’historique, où nous avons été, sans pester ni tempêter, sans Kalachnikov ni BRDM, juste avec le fleuve dans les mains, pour offrir la Fleuvitude à la toute première ville de France de l’Histoire à avoir eu une université ; qui plus est, le plus grand foyer de l’histoire de la Renaissance en France, la ville de Charles Péguy, l’Histoire de Jeanne d’Arc.

 

Photo Aimé Eyengué au colloque

(Patrick Voisin, professeur des Classes préparatoires aux Grandes écoles au lycée Louis Barthou de Pau,et Aimé Eyengué, écrivain-poète et universitaire)

 

Oui. Avec la Fleuvitude, tout est dans le symbole, tout est dans le retour aux sources… aux sources de l’humanité, aux sources de l’honnêteté intellectuelle, aux sources de l’Histoire ; et tout est y naturel, parce que tout coule de source, sans forcer ; tout coule de source, en faisant fi des barrages ou des barrières raciales, culturelles ou intellectuelles : car, si les idéologies nous séparent, les fleuves, toujours, nous rapprochent… d’autant plus que les temps sont sur les ponts et non derrière les murs, les temps sont au dialogue et non à la barbarie ; les temps sont à l’universel et non aux identités meurtrières ; tout en sachant que l’Universel n’est rien d’autre que le local sans les murs… Et rien ne sert de courir, rien ne sert de soustraire des vies sur terre : sur le Fleuve, faisons la somme et non la soustraction, comme la Fleuvitude nous l’apprend.  

 

Liss table africaine au colloque

(Liss Kihindou ; Bessem Aloui, de l'Université de Manouba en Tunisie ; Roger Dindji Médé, de l'Université de Korhogo en Côte d'Ivoire, Habib Ben Salha, directeur du Laboratoire Etudes Francophones, Comparées et Médiation Culturelle, de l'Universitéde Manouba en Tunisie ; et Patrick Voisin, rattaché au même laboratoire)

 

Tout est tellement dans le symbole avec la Fleuvitude (et si bien !) que, à cette lune de miel comme le fleuve, on pouvait voir, un Poitevin parler de Kourouma, un Congolais parler de la Loire, ou encore une Française parler de Saint-Laurent… Avec une Liss Kihindou très puissante dans son statut d’Universitaire ; là où, le Maghrébin Bessem, devant le Fleuve témoin, a magistralement fait l’exégèse de la Fleuvitude du Kongolais Sony Labou Tansi.

Pas étonnant que les Maghrébins présents à ces agapes du savoir et des confluences se soient portés volontaires d’accueillir hospitalièrement sur leurs terres-ressources les prochaines agapes de la Fleuvitude : qui a oublié, retour aux sources, que le nom Afrique vient des Maghrébins ? Fleuvitude de Paix !

A qui le tour ?

              A nous la Fleuvitude…

                                A Orléans l’Histoire.

                                                      Fait à Orléans, le 18 mars 2017.

Aimé Eyengué

 

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27 février 2017

Colloque international sur les "villes-fleuves du monde au fil des siècles" à Orléans

Je participe au colloque international intitulé "Orléans et villes-fleuves du monde au fil des siècles", qui se tiendra à Orléans, les 16, 17 et 18 mars 2017. Il est organisé conjointement par les Musées de la ville d'Orléans et l'Université d'Orléans. 

 

 

Colloque Orléans

 

 

Les jeudi 16 et vendredi 17 mars, des universitaires de différents horizons, j'ai envie de dire de différents continents, livreront, les uns après les autres, leurs communications ; et le samedi 18 mars, dernier jour du colloque, est consacré à la visite-découverte de la ville d'Orléans.

Je n'aurais sans doute pas participé à ce colloque, si l'écrivain Aimé Eyengué n'avait pas attiré mon attention sur la tenue de ce colloque. Ce promoteur infatigable de la "Fleuvitude", un nouveau concept forgé pour désigner une manière de concevoir le monde et les relations humaines en s'inspirant du fleuve, a eu le bonheur de tomber, dans ses recherches, sur l'appel à communications lancé par les organisateurs du colloque. Le Fleuve étant une thématique qui nous habite en ce moment, la participation à ce colloque était une évidence. 

Je me propose d'étudier L'image du fleuve africain par temps de guerre, à travers deux romans : La Traversée, d'Henri Djombo et Le Cri du fleuve de Katia Mounthault.

La communication d'Aimé Eyengué porte le titre suivant : "La ville c'est comme le fleuve".

 

Mais voici, en détail, le programme des deux journées sur lesquelles s'étalent les communications : 

 

Jeudi 16 mars

9h00      Introduction scientifique par les organisateurs

9h15     Allocutions des personnalités invitées

 

 Hommage à Alain Malissard : Rome et le Tibre

 

9h45    « Les histoires d’eau d’Alain Malissard »

             « Les histoires d’eau d’Alain Malissard »

              Jean NIVET, ancien professeur au Lycée Benjamin Franklin d’Orléans, vice-président de l’Association Guillaume                  Budé - Orléans, et Hadrien COURTEMANCHE, professeur au Lycée Jacques Monod d’Orléans, membre

                  du bureau de l‘Association Guillaume Budé – Orléans

10h15    « Les Romains et le Tibre : la Rome antique comme ville-fleuve ? Histoire et représentations » 

                 Émilia NDIAYE, Université d’Orléans - POLEN - EA 4710

10h45         « Le Tibre, mythopoétique d’une mémoire transitoire au coeur de la ville éternelle »

                      Franck COLLIN, Universitédes Antilles, Martinique - EA 4095 CRILLASH

 

11h15-11h30 : pause

 

Une ville et un fleuve… la fleuvitude ?

 

11h30             « Les Fils de l’eau »

                        Habib BEN SALHA, Université de Manouba Tunisie - Laboratoire de Recherches :

                       Études Maghrébines, Francophones, Comparées et Médiation Culturelle

12h00            « La ville c’est comme le Fleuve »

                        Aimé ÉYENGUÉ, écrivain-poète et universitaire

 

12h30-14h : déjeuner-buffet

 

Villes, fleuves et îlots du monde romain

 

14h00            « Les relations entre villes et cours d’eau à leur contact en Gaule romaine :

                        l’exemple d’Augustoritum, Limoges. »

                        Robert BEDON, Université de Limoges - Centre de Recherches André Piganiol

 

14h30            « Des villes, des fleuves et des îles à Rome et dans le monde romain »

                        Hélène MOREAU,Université de Lille - SHS (Villeneuve d’Ascq) - Laboratoire HALMA UMR 8164 

 

15h-15h15 : pause

 

Au fil de l’eau et de la plume entre Paris et la Provence

 

15h15            « La Seine ou Ponge à l'épreuve de l'informe »

                     Frédéric PICCO, professeur des Classes préparatoires aux Grandes écoles au Lycée Montaigne de Bordeaux

15h45            « Paris au miroir de la Seine dans le roman balzacien :  une mythologie sociale ? »

                        Annie RIZK, ancienne professeure des Classes préparatoires aux Grandes écoles au Lycée Auguste Blanqui de Saint-Ouen

 

16h15-16h30 : pause

 

16h30            « Essai de cohabitation entre ville et fleuve : Villevieille dans Le Chant du monde de Jean Giono »

                        Charlotte LADEVÈZE, Universität d’Augsburg - Autriche

17h00             « Les fleuves dans l’imaginaire poétique de René Char »

                        Mohamed OULMGHNI, Université Sultan Moulay Slimane - Benimellal - Maroc

 

Vendredi 17 mars

 

Orléans et la Loire

 

9h30               « Penser la Reconstruction des villes-ponts ligériennes martyrisées : la préfecture d’Orléans, laboratoire de

                        l’urbanisme français et de la régionalisation d’après-guerre ? (1940-1942) »

                        Pierre ALLORANT, Université d’Orléans - Comité d'Histoire Politique et Parlementaire

10h00           « Orléans face à son fleuve : la ville vue par les dessinateurs et les peintres du XVIe au XIXe siècle »

                        Christophe SPERONI, Université d’Orléans - Laboratoire POLEN et Équipe CLARES

10h30            « Le raffinage du sucre : exemple d’une histoire entrecroisée entre la Loire et Orléans, XVIIe -

                      XIXe siècles » Gaëlle CAILLET, Université de Paris 1

 

11h-11h15 : pause

 

11h15            « Chansons à boire et à danser du Val d’Orléans durant l’Entre-deux- guerres,

                        quand les guinguettes animaient les rives du Loiret »

                        Bertrand SAJALOLI, Université d’Orléans - Laboratoire EA 1210 CEDETE et GHZH

                        (Groupe HIstoire des Zones Humides)

                        et Sylvain DOURNEL, docteur en géographie et chercheur associé au CEDETE

11h45            « Patrick Deville et la Loire, une histoire d’art et d’eau »

                        Isabelle BERNARD RABADI, Université de Jordanie Amman et Université du Koweït

 

12h15-14h : déjeuner-buffet

 

Villes-fleuves de l’Ancien et du Nouveau Monde : regards croisés

  

14h00            « Vivre la ville avec le fleuve : considérations méthodologiques.L’exemple des villes mosanes »

                     Marc SUTTOR, Université d'Artois - Centre de Recherche et d’Études Histoire

                       et Sociétés CREHS Arras - LAMOP Paris 1

14h30     « Les villes aquatiques dans la littérature fin-de-siècle: une géographie de l'âme »                                                        

                              Caterina DA LISCA, Universitat Pompeu Fabra de Barcelone - Espagne

15h00             « Les "temps de l’eau" en Europe du Nord-Ouest et en Amérique du Nord :

                        les villes-fleuves de la vallée de l’Escaut (8e-21e siècles)

                        et de la vallée du Saint-Laurent (17e-21e siècles) entre métamorphose et imaginaire »

                        Laetitia DEUDON, Université de Valenciennes et du Hainaut- Cambrésis (Laboratoire Calhiste - EA 4343)

                         et Université de Montréal - Canada (FESP - département Histoire)     

 

16h30-16h45 : pause

 

Fleuves et villes d’Afrique

 

15h45         « Et si le fleuve parlait ! »

                   Bessem ALOUI, Université de Manouba Tunisie - Laboratoire de Recherches :

                   Études Maghrébines, Francophones, Comparées et Médiation Culturelle

16h15            « L’image du fleuve africain par temps de guerre.

                       La Traversée d’Henri Djombo et Le Cri du fleuve de Katia Mounthault »

                        Inès LOUNDA KIHINDOU, Université Paris-Ouest Nanterre

16h45            « Le trafic des pinasses à Abidjan (Côte d’Ivoire) :

                        entre appui à la mobilité urbaine et  valorisation de la lagune Ébrié »     

                        Roger DINDJI MÉDÉ, Université de Korhogo Côte d’Ivoire - Labo VST

17h15     « Les potentialités d’un fleuve : entre couper une ville ou un territoire en deux et redonner son unité à un individu »

                   Patrick VOISIN, professeur des Classes préparatoires aux Grandes écoles au Lycée Louis Barthou Pau - Laboratoire de   Recherches : Études Maghrébines, Francophones, Comparées et Médiation Culturelle Université de Manouba Tunisie

 

Le programme a été mis en ligne sur le site bien connu des universitaires FABULA.

 

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19 décembre 2016

Recension de "Mwanana" par Gisèle Totin

Liss Kihindou est une femme de culture possédant plusieurs casquettes ; elle est à la fois enseignante, écrivain, journaliste et critique littéraire. Son action a pour fil conducteur la promotion de la littérature africaine en général et la promotion de la littérature de son cher Congo en particulier.

Ce livre pour enfant est un merveilleux présent que l’auteur congolaise nous fait ; cette œuvre ayant toutes les qualités pour devenir un classique de la littérature jeunesse africaine.

 

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L’histoire se déroule en des temps immémoriaux à Kiyengué, un village situé dans l’actuel Congo Brazaville, elle nous relate le quotidien de nos ancêtres africains agriculteurs. Mwanana, une petite fille de sept ans, comprend le langage des animaux et grâce à cette précieuse faculté, elle réunit deux mondes: celui des animaux et celui des humains. Mwanana est l’interprète officielle des demandes d’aides et de  secours des uns et des autres et grâce à elle tous vivent en harmonie. Toutefois un incident viendra détruire cet ordre ancien.

Ce récit très imagé réalise un savant mélange entre le conte traditionnel africain et la fable. Il est riche d’enseignements pouvant servir aussi bien aux enfants qu’aux adultes d’aujourd’hui.

Un des traits marquants de ce texte est qu’il est remarquablement bien écrit. Nous sentons l’exigence de l’auteur à fournir un texte de qualité littéraire équivalente à celle d’un texte adressé aux adultes. Le résultat est que cette histoire séduira autant les enfants que leurs parents.

Recommandé en lecture seule aux enfants âgés de huit ans au moins, j’ai expérimenté la lecture de ce livre à un enfant de quatre ans qui l’a beaucoup apprécié. C’est incontestablement une bonne idée de cadeau pour les fêtes !

 

L’Harmattan Jeunesse, 2016

ISBN : 978 2343095158

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(Gisèle Totin)

Retrouvez l'article de Gisèle Totin sur son site Novi-Novi Blog Littéraire Afro.

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18 décembre 2016

"Le fleuve, ce livre ouvert", Interview autour de "Négritude et Fleuvitude" avec Bios Diallo

Voici ci-dessous l'interview réalisée par Bios Diallo, et qu'il a publiée sur le site Traversées Mauritanides.

 

Professeur de français et de latin, dans le Loiret en France, Liss Kihindou est une passionnée d’écriture. Avec ses enseignements dans le secondaire, celle qui est née en 1976 à Brazzaville, au Congo, trouve le temps d’animer un blog, « Vallée des livres », et de s’activer dans différents genres : nouvelles, roman, poésie, essai, littérature jeunesse. Après les ouvrages collectifs, où elle ne lésine pas à donner ses contributions, elle publie Négritude et Fleuvitude et autres observations littéraires (L’Harmattan, 2016).  Liss, l’engagée dans la promotion de la littérature africaine, s’ouvre à Traversées Mauritanides.

Traversées Mauritanides : En débutant votre livre, on se dit « Oulah, le Congo littéraire quelle déchirure ! Il y a ceux qu’on aime, et ceux qu’on ne nomme pas » ! On  peut vous renvoyer le même reproche, accordant plus de focus sur certains auteurs que d’autres dans vos communications !  

Liss Kihindou : Mon intention n’était pas de parler de TOUS les auteurs qui illustrent la littérature congolaise. Vous savez, sur mon blog « Valets des livres », j’ai publié la liste des écrivains congolais, et je répertoriai 125 noms d’auteurs de fiction en 2015, et encore cette liste n’est pas actualisée depuis plus d’un an. Entre-temps, de nouveaux auteurs ont fait leur apparition sur la scène littéraire congolaise. Ce livre n’est pas un dictionnaire, mais le fruit de quelques réflexions, faites généralement à la suite de sollicitations diverses, à l’occasion de certains événements, comme la célébration du cinquantième anniversaire de l’indépendance du Congo, ou du cinquième anniversaire de la mort de Tati-Loutard. Plus récemment, j’ai été sollicitée pour honorer la mémoire de Sylvain Bemba, ou pour participer au numéro de la revue « A l’index » coordonnée par l’écrivain Jean-Claude Tardif, et consacré au poète Gabriel Okoundji.

Le premier texte, par contre, celui qui donne son nom au livre,  « Négritude et Fleuvitude », n’est pas le fruit d’une sollicitation mais exprime mon intérêt pour un thème sur lequel je souhaite travailler plus amplement, à savoir la présence permanente du fleuve dans les écrits des auteurs congolais, et des écrivains en général. Ainsi, je ne pouvais citer dans cette étude que les auteurs qui trempent leur plume dans l’encre du fleuve.  

Traversées Mauritanides : Quelle mémoire garde-t-on des anciens ?

Liss Kihindou : La mémoire ne se conserve pas toute seule, il faut l'entretenir. Dans mon livre je me réjouis de voir la mémoire de Sony Labou Tansi entretenue, mais j'aimerais que celle des autres grandes voix de notre littérature le soit également. Pour moi, Sylvain Bemba est incontestablement une grande voix. De nombreuses années après avoir lu un livre, vous pouvez oublier les détails de l'intrigue, mais que des images restent irrémédiablement imprimées dans votre souvenir, c'est le signe que l'auteur a ce quelque chose qui le met au rang des élus. Le langage imagé est bien sûr le propre de la littérature, mais chez Sylvain, je dirais que c'est particulier, c'est ce qui fait le charme de son écriture. C'est en tout cas l'impression qui m'était restée lorsque je l'avais lu dans ma jeunesse. Je l'ai relu récemment, et cette impression s'est renouvelée. Quant à Jean Malonga, il est de nouveau dans l'actualité littéraire grâce à la réédition cette année par les éditions Présence Africaine de son premier livre Cœur d’Aryenne, le premier livre de la littérature congolaise d'ailleurs, et ce travail est l'aboutissement d'un des projets inscrits dans la célébration des 60 ans de la littérature congolaise, célébration conduite par l'écrivain Aimé Eyengué, et qui a donné naissance à un livre auquel ont participé plus de 25 auteurs congolais, dont je fais partie. Le texte que j'ai écrit pour cette anthologie rend hommage à tous les écrivains congolais disparus, c'est pour vous dire que j'ai à cœur que l'on se souvienne de chacun, qu'on redécouvre tous ces auteurs, qu'on revisite leurs œuvres. Et ils sont nombreux, de  Jean Malonga à Amélia Néné, en passant par Sylvain Bemba, Sony Labou Tansi, Tchicaya U Tam'si, Jean-Batiste Tati Loutard, Makouta Mboukou... Je les fais tous revivre dans mon texte. Je pourrais rajouter Daniel Biyaoula et Léopold Pindy Mamonsono, même si leur disparition est postérieure à mon texte, d’où le fait qu’ils n'y figurent pas. J'invite vraiment les lecteurs à se procurer l'anthologie des 60 ans de la littérature congolaise, qui honore la littérature congolaise mais témoigne aussi de son dynamisme. 

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Traversées Mauritanides : Quel est votre regard sur la littérature africaine ?

Liss Kihindou : Depuis son apparition, la littérature africaine écrite n’a cessé de se développer, de se diversifier, de s’imposer sur la scène littéraire mondiale. En effet, les œuvres et les actions de certains auteurs participent à éveiller l’intérêt du public pour cette littérature qui est encore placée à la remorque des autres littératures. Regardez par exemple les dizaines de milliers de vues qu’a fait la vidéo de Fatou Diome sur les plateaux de l’émission « Ce soir ou jamais » au sujet de l’immigration ! Elle a, en plus, écrit sur ce thème un admirable roman, Le Ventre de l’atlantique, et d’autres livres comme La préférence nationale. Léonora Miano également s’est fait remarquer par son écriture de qualité. Je me souviens d’une émission littéraire, je crois que c’était au moment de la parution de Contours du jour qui vient, émission au cours de laquelle un des écrivains français exprimait son admiration, disant même que, au lieu de parler de son livre, il fallait plutôt parler de la fraîcheur que Léonora Miano apportait à la langue française. Oui, la littérature faite par des auteurs d’Afrique apporte un nouveau souffle à la littérature française. Et il n’y a pas que la littérature écrite en français, du côté anglophone, Chimamanda Ngozi Adichie séduit des centaines de milliers de lecteurs, dont je fais partie. Tout ce qu’écrit cette auteure accroche. Pour citer un dernier exemple, je pourrais parler d’Alain Mabanckou, qui a eu l’occasion de parler de la littérature africaine au collège de France, ce n’est pas rien. Ce que l’on pourrait déplorer, c’est le fait que cette littérature ne soit pas largement diffusée en Afrique. Si je prends le cas du Congo Brazzaville, combien d’œuvres publiées aujourd’hui comme hier sont disponibles là-bas ? La diffusion est un problème crucial, mais il y a aussi le coût exorbitant du livre par rapport au niveau de vie sur place. Ce qu’il faudrait, peut-être dans un premier temps, c’est de créer des bibliothèques municipales, comme on en a en France par exemple. De même que les bibliothèques des collèges et lycées. Et ces bibliothèques devraient être fournies, actualisées, de sorte que Liss Kihindou, quand elle publie, puisse être lue également là-bas.

Traversées Mauritanides : Votre essai est un éloge à la littérature congolaise. Un clin d’œil aux littératures nationales ?  

Liss Kihindou : Une littérature est forte si au niveau national elle est soutenue, elle est promue. Elle suscite alors de l’engouement. Or on observe la tendance inverse. Une fois que l’Occident a consacré un auteur, alors les nations africaines manifestent leur intérêt pour cet auteur, afin de récupérer ou exploiter cette gloire. J’estime que charité bien ordonnée commence par soi-même. Autant on doit être attentif aux échos que les œuvres issus de différents espaces font entendre, car le monde est un village aujourd’hui, autant on ne peut ignorer les œuvres produites par les auteurs originaires de son pays. Oui, il y a là un clin d’œil !

Traversées Mauritanides : Y a-t-il, ou faut-il faire une différence entre la littérature écrite sur le continent et celle produite ailleurs, qu’on l’appelle diaspora ou autre ?  

Liss Kihindou : Non ! Moi je ne fais pas cette différence, d’autant plus que les auteurs vivant sur le continent ont aussi recours aux éditeurs basés en Occident. L’édition demeure un secteur défaillant en Afrique. Et ceux qui se tournent vers les quelques maisons d’édition locales ont un problème à régler, celui de la diffusion de leurs livres à l’échelle internationale, et ce n’est pas évident quand on est édité là-bas. Ainsi, que l’on vive en Afrique ou que l’on réside en Occident, ce qui importe, c’est de tomber sur un très bon éditeur et de décrocher le sésame éditorial, ce n’est pas donné, ça ne court pas les rues, que l’on soit sur le continent ou que l’on fasse partie de la diaspora africaine. Le problème de l’édition, j’en parle dans mon texte  Ecrivants, écrivains et écrits vains.

Traversées Mauritanides : Revenons au Congo. On sent que vous voudriez accorder une âme au fleuve et aux créateurs se nourrissant de ses eaux…   

Liss Kihindou : Ce n’est pas moi qui accorde une âme au fleuve, c’est le constat que je fais quand je lis les auteurs qui s’intéressent à cette thématique, et qui d’ailleurs ne font que traduire la sociologie de leur temps. Stendhal ne dit-il pas que le roman est un miroir que l’on promène le long d’un chemin ? Eh bien, ce qui est intéressant quand on observe les écrits exploitant la thématique du fleuve, c’est que l’on a une vision différente, selon que l’on se place du point de vue occidental ou du point de vue africain. Pour les Africains le fleuve est doté d’une âme, en effet. Il a le rang d’être vivant, mais un être pas comme les autres, il est mystique, il renvoie aux ancêtres, etc. Le fleuve est un personnage qui fascine car il est le repère des dieux, des âmes défuntes, des créatures mystérieuses… Il suffit de lire Ngando de Paul Lomami Tchibamba pour s’en convaincre. Or la fascination que produit le fleuve chez l’Occidental ne revêt pas ce caractère surnaturel. 

Traversées Mauritanides : Le Congo a-t-il survécu ou tourné la page des guerres politico-ethniques, que vous déplorez dans votre essai ?

Liss Kihindou : On aimerait avoir tourné la page, malheureusement l'actualité politique du pays n'a de cesse de rappeler à notre mémoire ces années sombres que nous avons connues. Justement, le projet d'écrire un livre ensemble, je parle de Noces de Diamant, anthologie des 60 ans de la littérature congolaise (1953-2013), publiée en 2015 chez L’Harmattan, c'est une manière, pour nous écrivains de ce pays, d'exprimer notre volonté de tisser des liens, quelle que soit l'ethnie à laquelle nous appartenons, quel que soit notre degré de notoriété, quelles que soient  les divergences personnelles que nous pouvions avoir. Nous nous présentons dans cette anthologie en héritiers de Jean Malonga, qui a montré la voie en se plaçant au-dessus des tribus.

Traversées Mauritanides : Qu’est-ce qui vous autorise le jeu de mots ou d’images, Fleuvitude et Négritude ?   Et la négritude, qu’en reste-t-il ?

Liss Kihindou : C’est un vaste sujet qui ne peut être évacué en quelques mots. Même ce texte que j’ai écrit, intitulé Négritude et Fleuvitude, ne fait qu’introduire le sujet. Néanmoins, je peux rappeler ceci : la Négritude a eu un rôle indéniable dans l’accession des pays colonisés à l’indépendance. Il fallait montrer que les Noirs n’étaient pas des hommes inférieurs, et convaincre les Noirs eux-mêmes qu’ils avaient de la valeur, qu’ils n’étaient pas les éternels sujets des maîtres blancs. Puisque des siècles d’esclavage et de colonisation avaient savamment inculqué l’idée de l’infériorité des populations noires sur l’échelle humaine. Tout se fait encore aujourd’hui selon le regard européen. Par exemple, est beau ce qui correspond au canon occidental. Et même en ce qui concerne l’histoire, un président français n’a-t-il pas déclaré que l’Afrique n’était pas entrée dans l’histoire ? Or voici ce que rappelle David Van Reybrouck dans son excellent livre Congo, une histoire, publié en 2010, disait : « L’Afrique centrale était une région sans écriture, mais pas pour autant sans histoire ». Et il dénonce l’éuropéocentrisme que Césaire déjà pourfendait en 1987 dans son Discours sur la Négritude : « La Négritude a été une révolte contre ce que j’appellerai le réductionnisme européen.» Il dit aussi que la Négritude est « sursaut, et sursaut de dignité ». Il faut aussi relire Frantz Fanon qui éveille le sursaut chez l’homme antillais, et au-delà l’homme noir qui pense que ses cheveux, sa peau, bref sa manière d’être n’est pas digne tant qu’elle ne ressemble pas à celle du Blanc. En un mot la Négritude a redonné à l’homme noir sa dignité d’homme, elle l’invite à être fier de lui-même, à assumer ses origines, autrement dit ne pas renier ses racines. Les valoriser, c’est ce que l’on observe aussi avec la Fleuvitude. Chez les poètes du fleuve, célébrer celui-ci, c’est comme célébrer le pays natal. Et le courant de la fleuvitude tel qu’il se développe sous nos yeux, va au-delà. Il devient comme une nouvelle manière de penser face aux maux qui minent actuellement les sociétés. Il appelle l’homme à se remettre à l’école de la nature à travers le fleuve qui est plein de symbole. Aimé Eyengué vient d’organiser un congrès de la Fleuvitude au cours duquel on pouvait saisir certains de ces symboles, tel que le fleuve comme représentation du liquide amniotique dans lequel baigne tout homme avant de venir au monde. D’où la nécessaire fraternité qui doit nous lier au lieu de hiérarchiser les hommes en fonction de la couleur de leur peau… Vaste sujet comme je l’ai dit plus haut !

Traversées Mauritanides : Vous dites qu’ « un lecteur a le droit d’aimer une œuvre mais pas forcément l’auteur ». Cela va de soi, non ? Ou voudrez-vous souligner le fait que l’auteur soit le contraire de ce qu’il écrit ou affiche comme univers ? Ensuite, vous parlez d’âme noble. N’est-ce pas une expression risquée en littérature ?

Liss Kihindou : Non, je ne pense pas que cela soit une évidence pour tout le monde. Par exemple, pour revenir aux auteurs qui se sont intéressés au fleuve, au fleuve Congo en particulier, je suis tombé récemment sur la réflexion d’un universitaire qui a travaillé sur le Voyage au Congo, d’André Gide, livre dans lequel on peut lire plusieurs observations qui font naître le doute quant à la ‘‘noblesse’’ de la démarche de Gide en se rendant au Congo. Finalement, en refermant le livre, l’image de Gide peut se trouver moins grandie. Selon Michel Beniamino, dans ce livre, André Gide, « un des grands ‘‘maîtres à penser’’ de la littérature française du XXe siècle, se révèle être un petit-bourgeois de son époque – c’est-à-dire profondément raciste – à mille lieues de ses prétentions esthético-sociales. » L’écrivain n’est pas toujours le parfait exemple de ce qu’il prône dans ses livres.

 Traversées Mauritanides : A-t-on toujours autant de vitamines au sang littéraire congolais ?

Liss Kihindou : Je déplorai, dans un poème écrit à la suite de la mort de Sylvain Bemba et Sony Labou Tansi en 1995, la disparition de vitamines qui rendaient bien riche le sang littéraire congolais. Si l’on ne peut remplacer ces vitamines, perdues depuis que ces éminents auteurs nous ont quittés, et il y en a d’autres, comme Daniel Biyaoula ou Léopold Congo Mbemba, heureusement, d’autres vitamines sont apparues. Et je pense pouvoir affirmer que la littérature congolaise est un sang toujours aussi vitaminé !

Traversées Mauritanides : Vous citez Alain Mabanckou qui écrivait sur son blog, « C’est en empruntant les chemins de l’idéologie et de la démagogie que nous autres auteurs avons contribué à anesthésier nos Lettres et à ne plus offrir aux héritiers un projet littéraire digne de ce nom ». Le constat est-il juste à vos yeux ? 

Liss Kihindou : J’invite les lecteurs à lire l’ensemble de ma communication, car je ne peux rappeler en quelques mots ce que je développe en plusieurs pages. Néanmoins, je peux dire qu’il est compréhensible d’appeler les auteurs à plus d’excellence. En tant qu’enseignante, j’invite toujours mes élèves à faire mieux, même si je peux au fond de moi être fière de celui ou celle qui obtient quinze sur vingt à une évaluation, je lui fais comprendre que j’attends maintenant le jour où il obtiendra vingt sur vingt, mais je ne vais pas jusqu’à dénigrer son quinze.

Traversées Mauritanides : De littérature, vous en parlez aussi sur le digital, les blogs. Est-ce une autre vie qui remplacera le papier… On vous sait très active, comme votre compatriote Gangoueus.

Liss Kihindou : J’espère vivement que le papier ne disparaîtra pas au profit exclusif du digital. Mais le numérique est une avancée extraordinaire ! Non seulement il permet d’être connecté au monde en temps réel, mais encore il constitue une ressource essentielle dans les pays où l’accès au livre demeure problématique. Quand je consulte les statistiques, et Gangoueus pourrait faire le même témoignage que moi, j’observe que les gens se connectent sur mes blogs depuis le monde entier. Nos chroniques sont des mines d’informations pour de nombreux lecteurs, en particulier des étudiants, des élèves, qui parfois même se permettent de demander une aide supplémentaire. Mais nous ne sommes pas là pour faire les devoirs que les élèves ont à faire sur tel ou tel autre livre. Nous donnons des pistes que chacun peut être appelé à exploiter d’une manière ou d’une autre.

Traversées Mauritanides : Finissons sur un peu d’humour, quoique… « Etre richement vêtu semble, dites-vous, pour le Congolais plus important que d’avoir une riche bibliothèque ». Au risque de vous décevoir, je dirai que les Congolais ne sont pas les seuls à le…

Liss Kihindou : Oui, je pense que ce constat pourrait s’appliquer à beaucoup d’Africains, et pas seulement eux d’ailleurs, je dirais plutôt à beaucoup de personnes !

Traversées Mauritanides : Alain Mabanckou a su allier sape et littérature…

Liss Kihindou : C’est vrai, je pourrais aussi parler du sapeur qui se fait appeler « Moukacha Monama Sapelogue », qui a toujours éveillé mon attention, car il a beau être un sapeur qui s’affiche, qui s’assume, ce n’est pas pour autant qu’il est inculte ou qu’il ne s’intéresse pas à la littérature. Savez-vous dans quels milieux j’ai fait sa connaissance ? Dans les salons du livre et autres manifestations littéraires organisées sur la place de Paris. Mais ce sont des exceptions qui pour l’instant n’estompent pas l’attitude générale. La sape prime encore sur la littérature. J’aurais préféré faire le constat inverse, à savoir des esprits bien sapés, au lieu de corps bien sapés. Mais comme je le dis dans mon texte, l’un n’empêche pas l’autre.

Propos recueillis par Bios Diallo

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(Bios Diallo)

 

Publications

Mwanana, la petite fille qui parlait aux animaux, roman jeunesse, L’Harmattan, Paris, 2016.

Négritude et Fleuvitude et autres observations littéraires, Essai, L’Harmattan, Paris, 2016

La Morsure du Soleil, Poèmes, L’Harmattan, Paris, 2014.

Chêne de Bambou, Roman, Anibwe, Paris, 2013.

L’Expression du métissage dans la littérature africaine, essai, L’Harmattan, Paris, 2011.

Détonations et Folie, Nouvelles, L’Harmattan, Paris, 2007.

J’Espère, Nouvelles, Amalthée, Nantes, 2005.

Collectifs :

Noces de Diamant, Anthologie des 60 ans de la littérature congolaise, L’Harmattan, Paris, 2015.

Ce soir quand tu verras Patrice, Poèmes rassemblés par Josué Guébo, Panafrika/Silex/Nouvelles du Sud, Palaiseau, 2015.

Sirène des Sables, Anthologie de Nouvelles du collectif Femmes écrivaines du Congo-Brazzaville, L’Harmattan, Paris, 2014.

Sous mes paupières, Collectif Palabres autour des Arts, L’Harmattan, Paris, 2014.

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17 octobre 2016

Festival du livre de Mouans Sartoux 2016

Les 8 et 9 octobre 2016, j'ai eu le plaisir de participer à la 29e édition du Festival du Livre de Mouans Sartoux, dans les Alpes-Maritimes, avec pour thème : "VIVRE".

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Le plaisir, c'est celui de retrouver des amis, de faire de nouvelles rencontres, d'échanger avec les futurs lecteurs, de se lover tout simplement dans cette parenthèse littéraire qui vous place au chaud, au coeur des livres, le temps d'un week-end.

 

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Cette fois, il n'y a pas eu d'inondations, contrairement à l'année dernière marquée par des pluies diluviennes mortelles. Non, les seuls à inonder la place, c'étaient les artistes et les festivaliers. 

 

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Au stand "Souffle d'Afrique", le coeur de l'Afrique a battu et a diffusé ses ondes positives à tous ceux qui s'en approchaient. Avec Momar Gaye, conteur, poète, dessinateur, fils du Sénégal, on ne pouvait s'attendre à autre chose.

 

 

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Je suis toujours agréablement surprise de voir Momar recueillir tant de témoignages d'amitié et de reconnaissance ; mais, dira-t-on, on ne récolte que ce qu'on a semé, les habitants de la région lui rende bien tout ce qu'il a apporté comme souffle, justement, comme rêve : le rêve et le souffle d'Afrique ! Je suis encore plus émerveillée par sa capacité à nommer tous les enfants qui s'approchent de son stand. D'autres ne sont plus des enfants d'ailleurs, il les a vus grandir et devenir des femmes et des hommes, qui ont gardé leur sensibilté d'enfant. 

En parlant de reconnaissance, il faut signaler la parution cette année du livre de Momar, "Mémoire", financé par le Festival du Livre de Mouns Sartoux, ce n'est pas rien ! C'est une action très généreuse de la part du commissaire du festival, Mme Marie-Louise Gourdon, et de toute la commune avec elle. Les exemplaires se sont vendus comme des petits pains. 

 

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Dimanche après-midi, la tente placée au Château de Mouans Sartoux était pleine à craquer : Momar y avait donné rendez-vous à tous ses amis, auxquels il voulait parler du rôle de la musique en Afrique. Les percussions n'ont pas seulement un caractère festif, elles sont aussi thérapeutiques ; sans compter qu'elles étaient un moyen de communication efficace, comme en témoignent les mémoires de l'explorateur Stanley, qui ne cache pas son ébahissement dans "A travers le continent mystérieux : l'Afrique". Chaque fois qu'il arrivait dans un village, il ne comprenait pas comment ceux-ci avaient été avertis de sa visite, alors qu'il était celui qui se déplaçait le plus vite avec son bateau, les locaux n'ayant que des pirogues. Personne n'avait pu arriver avant lui. On lui apprit que sa venue avait été annoncée par le tam-tam !  

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J'ai eu l'honneur d'introduire ce moment. riche de contributions diverses : lecture de contes, de poèmes, et surtout musique jouée par des artistes qui ne s'étaient pas rencontrés auparavant, mais qui ont offert au public une mélodie entraînante ! La musique est véritablement un langage universel. D'où qu'on vienne, quand notre coeur bat au rythme de la musique, on se comprend tout de suite !

Voici comment l'ami Gus présente ce moment : 

"La musicothérapie était au centre de cette journée de clôture du Salon du Livre. Avant de prendre son avion à 20 h, l'écrivaine Liss Kihindou a lu des pensées de Momar Gaye sur la musicothérapie (l'art de guérir par le son). Liss a également disserté sur la percussion en Afrique, forme de communication sans fil avant la lettre. L'Occident (dit l'écrivaine congolaise) n'a découvert le téléphone portable que récemment. Or les Africains, grâce au tam-tam, s'envoient des messages depuis la nuit des temps. Liss Kihindou a également déclamé des poèmes, sur fond de guitare et de kora joués respectivement par Ego (Congo) et par Cheick (Guinée)."

 

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Ce que j'ai trouvé formidable, c'est de voir trois musiciens d'origines diverses s'accorder ainsi, pour le plaisir des spectateurs, et le tam-tam, puisqu'on en a beacoup parlé, n'était pas joué par un Africain, mais par un Occidental ! 

 

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Le festival, c'est aussi des rencontres qui sont comme des cadeaux de la vie. Mon livre "Mwanana" n'a pas seulement retenu l'intérêt des jeunes lecteurs, mais il est aussi de ces lecteurs qui prennent votre livre pour vous encourager à poursuivre votre cheminement d'écriture, pour vous exprimer leur soutien. Quelle émotion, quand vous vous apercevez que l'on vous a donné bien plus que ce qu'on aurait dû ! 

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01 octobre 2016

Recension de "Mawanana la petite fille qui parlait aux animaux" dans le magazine AMINA

Le numéro 558 d'octobre 2016 du magazine AMINA fait honneur à mon livre jeunesse "Mwanana, la petite fille qui parlait aux animaux". 

 

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L'interview a été réalisée par Pascale Athuil. 

 

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Je remercie le magazine AMINA, qui, depuis toujours, donne la parole aux femmes d'Afrique qui s'illsutrent dans la création artistique, qui leur permettent d'avoir une tribune d'où elles peuvent s'adresser au public international. 

 

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Merci également à Pscale Athuil pour ses questions éclairantes.

 

AMINA, le magazine de la femme africaine, diffusé sur tous les continents. 

 

 

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26 septembre 2016

"Mwanana la petite fille qui parlait aux animaux", par Raphaël Adjobi.

La grande faiblesse de la littérature africaine réside dans le peu de place qu’elle accorde à la jeunesse, surtout aux moins de 11 ans. En voulant rivaliser avec la littérature européenne qui occupe la quasi-totalité de l’espace scolaire de leurs pays, les auteurs africains ou d’origine africaine ont longtemps négligé l’univers des enfants du primaire. Or, c’est dans ces premières classes et donc dans ces premiers temps de la vie où les sens s’éveillent et butinent avidement tout ce qui se présente à eux – avant qu’ils ne deviennent plus exigeants dans leurs choix – que nous devons leur proposer les récits du monde noir afin que les enfants s’en imprègnent plus durablement.

 

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            Nul doute que Liss Kihindou, que l’on sait passionnée de poésie et d’essais, a fait le même constat que nous de la grande vacuité de cet espace littéraire africain et décidé de l’investir. Mwanana la petite fille qui parlait aux animaux, son premier roman pour la jeunesse, reprend un mythe très populaire dans certaines contrées d’Afrique : la capacité des jeunes enfants à communiquer avec les animaux. En effet, on raconte un peu partout que lorsque les adultes sont dans les champs et les petits enfants laissés à la garde de leurs aînés de sept ou huit ans, des hommes-singes ou des singes géants venaient allègrement partager leurs jeux et disparaissaient subrepticement avant le retour des parents. De ce mythe, Liss Kihindou tire un conte explicatif agréable qui rappelle les premiers temps de l’humanité chers aux textes dits sacrés.

            Grâce à ce don merveilleux que la nature accorde encore à son âge, les aventures de la petite Mwanana nous fait passer du monde enjoué des animaux à celui très organisé des humains mais soumis aux multiples nécessités et inversement. Une intercommunication entre deux univers – bénéfique aux hommes – dont ce livre a pour but d’expliquer le terme. Si certains chapitres – surtout ceux relatant le monde des humains avec une accumulation de termes locaux que l’on ne peut retenir – nous éloignent parfois du sujet du livre, les derniers, bien structurés et bien menés, concluent admirablement ce récit qui nous réconcilie avec les mythes africains.

            Espérons que les familles et surtout les instituteurs africains feront un bon accueil à ce livre qui participe à l’appropriation par les enfants noirs des mythes qui peuplent l’Afrique des forêts.

Raphaël ADJOBI

 

Raphaël Adjobi

(Raphaël Adjobi)

 

Titre : Mwanana, la petite fille qui parlait aux animaux, 74 pages.

Auteur : Liss Kihindou ; illustrations de Terry Copaver.

Editeur : L’Harmattan Jeunesse, 2016.

 

Article publié par Raphaël Adjobi sur son blog "Lectures, analyses et réflexions de Raphaël" le 25 septembre 2016.

 

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25 septembre 2016

Rencontre littéraire à la médiathèque de Chelles

Le 24 septembre 2016 a été organisée, à la Médiahèque de Chelles, en Seine et Marne, une rencontre littéraire intitulée "VOYAGER EN POESIE DU CONGO AU DANUBE", avec trois intervenants :

   

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- Aimé Eyengué, auteur de plusieurs oeuvres dont Par les temps qui courent, et chef de file du mouvement de la Fleuvitude

- Marilena Lica-Masala, poétesse, traductrice, coordinatrice de plusieurs anthologies bilingues, présidente de l'association "Les Arts Métis de France", en abrégé LAM de France

- et moi-même, Liss Kihindou.

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Le voyage fut agréable le long des fleuves de France, de Roumanie, du Congo, du Sénégal... Célébration poétique qui n'a pas laissé indifférent le public. La poésie a beau être le parent pauvre de la littérature, elle ne laisse pas d'avoir de fervents admirateurs !

 

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Voici le compte-rendu de Marilena Lica-Masala, publié sur son blog "Mariléna blog littéraire" et que l'on peut retrouver en cliquant ici

 

"Voyager en poésie du Congo au Danube" par Marilena Lica-Masala

Conçu, organisé et animé par Aimé Eyengué en partenariat avec la Médiathèque/ Bibliothèque de la ville de Chelles (située dans la vallée de la Marne, Île-de-France), et en complicité avec Liss Kihindou et Les Arts Mètis de France (LAM de FRANCE – association Loi 1901), cette première rentrée littéraire du mouvement littéraire de la Fleuvitude, aux accents d’une invitation – « Voyager en Poésie … » -, fut une réussite…  Un dialogue fluide, dynamique, interactif, entretenu par Aimé Eyengué lors de plus de deux heures, avec un public plus que sensible à notre thématique, un public documenté et assoiffé de se redécouvrir, de savoir d’avantage…

Un voyage du Congo au Danube, en navigant au fil de la Seine, Marne, du Rhin, à travers les œuvres des classiques ou des contemporains.

Mais, qu’est-ce que c’est la Fleuvitude pour les trois intervenants lors de cette rencontre littéraire ?

 

 

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Pour Aimé Eyengué, le fondateur de ce mouvement littéraire, qui nous a amplement expliqué sa thèse dans une interview (1), et qui se montre un excellent conférencier, aussi !, la Fleuvitude est au-delà des monographies-souvenirs-témoignages dédiées aux fleuves (comme par ex., ajoutons-nous : Claudio Magris, Danubio, 1986, un voyage au long de l’histoire des nations de la Mitteleuropa, la partie médiane du continent européen traversée par le Danube) ou tout autre texte littéraire. La Fleuvitude réunie, comme tout autre courant littéraire, les écrivains qui ont un message semblable à l’action du fleuve, ainsi que ceux qui utilisent le mot « fleuve » dans leurs textes. La Fleuvitude représente la civilisation de l’Universel, tout court.

Liss Kihindou, une plume très talentueuse en tant que poète et critique littéraire, greffée sur une personnalité très discrète, choisit citer ses auteurs préférés, comme Hamidou Sall : « L’aboutissement du fleuve est la mer. Son devenir est l’embouchure dont il ne connaît pas la direction quand il surgit de sa source. Il est, comme l’homme, ignorant de sa destinée tout en y allant inexorablement. Tant que le fleuve va à la mer, c’est qu’il reste fidèle à sa source. J’ai besoin de ma source car c’est elle qui me mène vers mon être-au-monde, c’est-à-dire vers l’origine de mon être propre, comme disait Heidegger. Très tôt, par le biais de l’école française qui s’était emparée de moi, j’ai côtoyé mon fleuve inconnu et, avec lui, tous les autres fleuves que m’offraient mes premières leçons de géographie. La Seine, la Loire, le Rhône et la Garonne devenaient ainsi le prolongement de mon mayo sur lequel voguait le Bou El Mogdad tant évoqué par les miens. […] » (Hamidou Sall, in : Rhapsodies fluviales, p. 29).

 

 

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En ce qui me concerne, favorisant à mon tour mon travail et non pas ma personne, pareil à Liss et Aimé, la fondation de la collection ARC (Afrique-Roumanie-Caraïbes), annonce déjà, avec la parution des premières anthologies bilingues, français-roumain, « Du Congo au Danube », cette vision fluviale de la poésie ainsi que le programme de cette vision : la mise en dialogue des poètes d’expression néo latine de deux continents, représentant un seul périmètre, celui-là arrosé de sa rive congolaise jusqu’à sa rive danubienne par le même « fleuve » littéraire : la poésie de l’union, de l’harmonie, de la synergie, du respect, du progrès, de la paix…   

Sommes-nous, Liss, Aimé et moi, des rêveurs ? Bien que non ! Créateurs, avant tout, nous avons notre propre vision sur les sources du mal et du bien-être sur notre Terre…

Cette Terre apolitique et culturelle, cette Terre des Fleuves, cette Terre de la Poésie, appartient à nous tous et nous concerne !

Paris, dimanche le 25 septembre 2016

Note :

(1). Marilena Lica-Masala, De la Fleuvitude, interview avec l’écrivain Aimé Eyengué, Paris, juillet 2016, mise en ligne du 7 au 9 juillet ;

 

 

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