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 (Crédit photo : Africa Sam)

Le salon du livre de Paris s'est déroulé cette année du 16 au 19 mars. Le lieu de rendez-vous pour ceux qui voulaient rencontrer des auteurs d'Afrique, les écouter, se faire dédicacer un de leurs livres, c'était le pavillon "Lettres d'Afrique et des Caraïbes". Depuis 2017, ce n'est plus le stand "Bassin du Congo", mais "Lettres d'Afrique" qui, comme son nom l'indique, fait office de carrefour des amoureux des lettres africaines. 

 

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(Table-ronde "Ecrire au féminin en Afrique". Crédit photo : Africa Sam)

 

Sous la houlette d'Aminata Johnson, des conférences-débats se sont succédé les unes aux autres, avec des auteurs venus du continent ou de sa diaspora. 

 

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(génération d'écrivaines : Aminata Sow Fall, Liss Kihindou, Rahmatou Seck Samb, Charline Effah)

 

J'ai été invitée à modérer une table-ronde toute féminine, le vendredi 16 mars, de 15h30 à 16h30, avec différentes intervenantes : Aminata Sow Fall, la doyenne des écrivaines africaines ; Rahmatou Seck Samb, qui vient d'être couronnée par le Grand Prix du Président de la République du Sénégal pour les Lettres ; Charline Effah, dont le troisième roman, La Danse de Pilar, vient tout juste d'être publié ; l'éditrice sud-africaine Rosemary Francis, qui a nourri, de son témoignage d'anglophone, ce débat francophone ; enfin une représentante de l'Unesco, Sasha Rubel, qui a tenu à faire connaitre au public le travail mené par l'Unesco concernant les femmes qui ont marqué l'histoire de l'Afrique, un travail accessible en plusieurs langues et que l'on peut découvrir ici.  

Le thème de la table-ronde, c'était : "Ecrire au féminin en Afrique : Challenges, discours et opportunités ?"

 

Trio par KODIA

 (Liss Kihindou, Noël Kodia Ramata, écrivain et critique littéraire, et Rosy Bazile, artiste haïtienne aux multiples talents)

 

Le Samedi 17 mars, à 17h, j'ai participé à une discussion rendant hommage aux anciens : "Et si on se souvenait des aînés, de nos anciens...", avec des écrivains et universitaires remarquables : Véronique Tadjo, Sami Tchak, Florent Couao-Zotti, Cheik Omar Kanté, Alioune Diane.

 

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(Table-ronde "Et si on se souvenait de nos aînés, de nos anciens)

 

Chaque fois que l'on a la chance d'écouter Sami Tchak, on est toujours impressionné par la vastitude de ses connaissances en matière de livres et d'auteurs de tous horizons.

 

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 (Bios Diallo, Aminata Sow Fall et moi)

Florent Couao-Zotti a eu la judicieuse idée de rappeler le rôle des éditions NEA dans la vulgarisation, la découverte des oeuvres africaines auprès du lectorat africain : les livres doivent circuler en Afrique. 

 

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 (Talia, une autre lectrice et Azylis)

 

Pendant que j'arpente les allées du pavillon Lettres d'Afrique, retrouvant des amis, faisant de nouvelles connaissances, écoutant les conférences, ma fille, elle, n'avait de cesse de se retouver au pavillon U, pour rencontrer les jeunes auteures avec lesquelles elle échange sur Wattpad. Une grande communauté de lecteurs (plutôt des lectrices) visiblement ! On soumet son manuscrit à la critique des membres du réseau et ceux-ci vous font des remarques vous permettant de faire évoluer votre texte. Enfin publication du livre. "Tu devrais essayer wattpad, maman, c'est super !". Il faut reconnaître que c'est pas mal, comme idée. Mais c'est aussi la raison pour laquelle ma fille est scotchée sur son téléphone : elle est souvent sur whattpad, où elle lit, lit, lit... Le virus de la lecture, de mère en fille. Peut-être le virus de l'écriture aussi ? Récemment, elle a reçu un commentaire sur sa copie qui l'a enchantée au plus haut point... et moi aussi. Au collège, l'équipe enseignante a eu la bonne idée de mettre en place un atelier d'écriture. Les élèves doivent se mettre dans la peau d'un poilu et le faire revivre à travers un récit. Les productions sont lues par un écrivain de la région qui leur fait des remarques sur leur texte.

 

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 (La jeune auteure Azylis et Talia)

 

Voici ce que l'écrivain, M. Vallet, a marqué sur sa copie :

"Talia, tu as une très belle écriture "de romancière" : tu écris un "vrai" texte. C'est très joli. Essaie de trouver le ton le plus juste pour faire parler ton personnage. Celui qui parle avec tes mots est plutôt lettré, cultivé. Si c'est comme cela que tu le vois, ne change rien."

 

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(La jeune auteure Lilly Sebastian et Talia) 

 

Quelques citations :

 

"J'ai été élevée dans l'esprit que les filles peuvent autant que les hommes. C'était ainsi à l'école : ce n'est pas parce qu'on est une fille, qu'on doit revenir bredouille à la maison", dixit Aminata Sow Fall.

 

"Les poèmes de Tchicaya U Tam'si comptent parmi les plus beaux vers publiés en langue française", dixit Bernard Mouralis, universitaire.

 

"La Négritude a été un universalisme", dixit Bernard Mouralis.

 

"Il ne faut pas reprocher aux Français de ne pas connaître les écrivains d'Afrique, ils ont leurs écrivains, ce n'est pas leur préoccupation première. Il y a la question des littératures nationales. Le drame pour un écrivain africain, c'est de ne pas être connu ou lu dans son propre pays", dixit Sami Tchak, écrivain.