Table Aurole et Liss

C'est toujours avec un peu d'appréhension qu'on va à la rencontre d'un public, car l'on ne sait pas comment les choses vont se passer, même si l'on présume que cela se passera bien. Si en plus vous devez donner une communication, animer un débat, vous ne pouvez pas ne pas vous demander si vous serez à la hauteur. 

BAKENTO à Plein Sud

Et quand la rencontre a enfin lieu et qu'elle s'avère enrichissante de part et d'autre, vous vous sentez si bien que vous oubliez que vous avez eu des doutes.

 LISS et BIBLIOTHECAIRE

 

C'est l'expérience que j'ai vécue le week-end dernier, à Cozes. Je me suis tout de suite sentie enveloppée par la chaleur de l'amitié, celle qui vient du coeur, pas celle de façade dont se servent souvent les politiques pour racoler les électeurs ou soigner leur popularité. A cozes, je n'ai rencontré que des amoureux de l'Afrique.

 

TRIO Sylvain et Francis

 

Pour certains d'entre eux, leur long séjour dans un des pays d'Afrique a fait d'eux de vrais Africains, en dépit de leur peau blanche. Je veux dire qu'ils portent vraiment ce pays d'Afrique dans leur coeur, comme si c'était leur seconde patrie. 

 

Liss et maman Sylvain

 

La communication de samedi, où j'ai voulu montrer combien le métissage faisait partie de notre quotidien, a été suivi de témoignages aussi touchants les uns que les autres.J'ai aussi beaucoup apprécié la contribution qu'ils ont apportée à ma présentation du thème "Des migrations au métisage". En voici quelques-unes :

"Il faut savoir que cette tendance de regarder les gens en fonction de leur couleur, eh bien c'est l'homme blanc qui en est à l'origine. Car lorsque les Blancs sont arrivés sur les côtes africaines, pour les Noirs qui les voyaient pour la première fois, ce n'est pas tant par la couleur qu'ils les ont désignés, mais ils les voyaient comme des gens qui venus de l'au-delà, dans des engins impressionnants..., donc le racisme quelque part a été introduit par les Blancs". (témoignage d'un homme marié avec une femme noire)

"Il faut savoir que le rejet, il n'est pas l'apanage d'un seul côté. Moi-même, quand j'étais au milieu d'Africains, j'étais ''la Blanche''. Heureusement pour moi que j'ai des hanches car les fesses plates, ça ne passe pas du tout. Il a fallu que j'apprenne à faire du saka-saka, du jus de gingimbre etc. pour que je sois intégrée, accueillie non plus comme une étrangère mais comme une membre à part entière...'' (témoignage d'une dame qui avait épousé un Congolais)

"Quand on a vécu longtemps dans un pays, ce pays-là fait partie de nous. J'ai peut-être la peau blanche, mais dans mon coeur je me sens Africaine, j'ai la nostalgie de là-bas, mes enfants son nés là-bas..." (témoignage d'une femme qui a vécu en particulier au Centrafrique)

 

Il était évident que ceux qui ont assisté aux rencontres avaient vraiment à coeur d'être là, ces moments de partage étaient attendus. D'autres, comme Angélica, avaient lu mon essai, ainsi que tous les romans d'Aurore Costa, l'auteur à l'honneur à cette 26ème édition du Festival Plein Sud. Il faut dire que le métissage définit son identité aussi bien que son oeuvre. 

 

Angélica tenant NIKA

(Angélica a lu les 5 volumes de Nika L'Africaine !) 

La discussion du dimanche a pris l'allure d'un débat écologique : comment faire pour préserver l'Afrique, le monde ? Le profit imposera-t-il toujours son diktat ! Que les gens ne sont-ils pas capables de faire au nom du profit ! Loin des considérations mercantiles, Plein Sud mène des actions concrètes et oeuvre surtout pour rendre plus visible la beauté, les talents, le savoir-faire de l'Afrique, une image positive qui n'est pas toujours perceptible dans les médias. 

 

Trio avec GRAZIELLA

Liss et Aurore encadrant Graziella, la chargée de communication)

La réussite de ce Festival, c'est de montrer l'Afrique à travers tous les arts : littérature, musique, sculpture, peinture, cuisine, cinéma, mode... La décoration vous donne vraiment le sentiment de vous retrouver là-bas... Nous faire voyager sans prendre l'avion, voilà le pari que tient Plin Sud depuis de longues années !

LISS et AGNES COLLINOT

 (Liss et la présidente de l'association, Agnès)

 

Un grand merci à toute l'équipe et aux bénévoles sans lesquels le Festival n'aurait pu tenir aussi longtemps ! On souhaite encore de longues années de réussite à cet espace de rencontre et d'échanges qu'est le Festival Plein Sud.